» née à Metz en 1978, j’ai dès ma plus tendre enfance eu un besoin quotidien de créer qui ne s’est jamais éteint, dès que cela a été possible je me suis orientée dans les arts à commencer par les beaux arts d’Epinal ou, au delà du fait d’avoir obtenu mon diplôme national d’arts plastiques, j’ai passé trois années intenses à baigner dans une énergie artistique enivrante que je ne savourerais désormais plus seule , le tout associée à une puissante sensation d’être enfin là ou je devais être. Impossible pour moi d’envisager que ces trois années de bonheur éclair s’arrêtent là, je me suis présentée à l’école d’art d’Aix-en-Provence pour poursuivre mes études et goûter encore et encore au bonheur de répondre avec impatience aux attentes de mes professeurs d’arts. Grâce à ces derniers j’ai obtenu mon diplôme national supérieur d’études plastiques. Après avoir obtenu ce diplôme de cinquième année , je me suis retrouvée un peu par hasard à animer durant deux années consécutives un atelier d’arts plastiques pour les handicapés mentaux adultes.
Mieux qu’une seconde école et dotés d’une richesse artistique et humaine hors du commun, ils m’ont alors révélé sans le savoir à quel point la simplicité et la spontanéité dans l’acte de créer m’étaient primordiales. cette expérience merveilleuse fut si enrichissante qu’elle eu une forte influence sur ma personne et par conséquent sur mon art.
Depuis ce jour je désapprends, éternellement happée par le portrait, je m’en saisis maintenant avec sensibilité et j’essaye de me libérer progressivement de la technique, de l’esthétique, en bref  du « poli ».
Assise dans l’instant, armée de vieux papiers, précieux tissus porteurs d’histoires, portraits intimes que je transforme, mêlant familles et inconnus, j’assemble, je couds, je peins, je gratte, en bref je souffle son histoire…
le fil comme liant , trouver une bouche et puis ses yeux qui en disent long, un visage pour suggérer le personnage, le côtoyer, une identité, un caractère…
Jouer avec sa vie et sa mémoire, comme une enfant qui joue à la poupée…
Les formes s’épurent, les normes s’effacent, les représentations deviennent parfois grossières et maladroites mais me semblent justes. Baignant toujours dans un vent de nostalgie, le passage de l’enfant à l’adulte parfois dur et confus, ou plutôt prématuré, la notion de transmission, le poids de l’héritage, enfance qui manque de légèreté. Créer des identités métissées, complexes, profondes mais à nue. Jouer à la guérisseuse qui reprise parfois les blessures de ses personnages et leur redonne une nouvelle chance… jusqu’à lui donner vie, jusqu’à se dire « mais qui est il?…. je ne sais pas mais il me plaît »  »

 

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